Message fraternel de notre évêque Mgr Christory :
Une grande joie saisit notre âme et l’Église catholique en France, puisqu’aujourd’hui, vendredi 25 septembre, le saint Père Léon XIV arrive pour fortifier notre foi chrétienne. Une mobilisation magnifique s’est déployée. Nous serons nombreux à vivre les célébrations prévues à Paris, Lourdes et Metz. Il parlera à notre intelligence, il priera pour la paix, il confirmera notre vocation à la communion entre tous les humains, il touchera notre cœur par sa simplicité et sa proximité. Si l’émotion est là, comptons sur le lent travail de la grâce divine dans la vie de nombreuses personnes, même celles qui sont éloignées de la foi et de l’Église. La venue du Saint Père est une nouvelle manifestation de la proximité de Dieu. Dieu ne cesse de se faire proche. Il s’est incarné dans le sein virginal de Marie afin de partager notre condition humaine et sauver les hommes de la mort en portant sur lui le péché du monde. Le péché du monde c’est la somme ahurissante de nos péchés personnels ! Jésus est né au sein d’un peuple réel pour exprimer sa sollicitude et maintenant l’Esprit Saint encourage le pape à venir en France, pour nous dire combien Dieu est proche de nous et nous encourager à vivre ce cœur à cœur bouleversant avec notre créateur et notre sauveur. Les gens ne s’y trompent pas : à chaque voyage du pape, la joie est sur tous les visages et même, lorsqu’il est vu de loin, chacun se sent proche de lui. Cependant, il n’est ni un coach, ni un mentor : il est le messager de la Parole divine que ses messages actualisent, car elle est l’unique parole de vie apte à éclairer notre itinérance par une espérance réelle.
Aussi en ce jour, nous sommes heureux de louer Dieu, et je vous propose quelques strophes du psaume 32 : « Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu, heureuse la nation qu’il s’est choisie pour domaine ! La joie de notre cœur vient de lui, notre confiance est dans son nom très saint. Que ton amour, Seigneur, soit sur nous comme notre espoir est en toi ! » (Ps 32,12.21-22) Ainsi nous recevrons de ces célébrations une onction d’amour qui ensoleillera notre vie alors que nous voyons s’accumuler des nuages sombres du fait des tensions internationales. Réjouissons-nous car avec le Christ, la lumière resplendit.
Ce voyage n’offre-t-il pas une belle opportunité pour considérer à nouveaux frais ce qu’est notre baptême ? On peut se souvenir de la question posée par saint Jean-Paul II au peuple de France lors de sa première visite en 1980 : « France, qu’as-tu fait de la promesse de ton baptême ? » Par le baptême, nous sommes marqués d’un sceau indélébile nous communiquant la grâce, celle du pardon du péché originel, celle d’une promesse d’éternité, celle d’être réunis comme frères et sœurs en Christ. Jésus éclaire notre chemin en résumant les commandements par celui de l’amour de Dieu, du prochain et de soi-même. Saint Paul insiste sur l’amour d’agapé (Cf. 1Co 13), c’est-à-dire le don total de soi dans l’amour, car là est la voie que devrait emprunter l’humanité afin de vivre en communion et en paix.
Le temps présent nous est donné pour approfondir ces questions. Notre baptême est la promesse que l’Esprit Saint accompagne notre route et nous communique la sagesse et la joie divines. Ouvrons-lui la porte, ne négligeons pas le don de Dieu, ne perdons pas ce temps si précieux à faire des choses inutiles. Prions et travaillons, pour reprendre la formule de la spiritualité bénédictine « ora et labora ». Alors nous serons fiers de ce que nous réalisons, et nous bâtirons la civilisation de l’amour, tant souhaitée par saint Jean-Paul II.
Quelle joie d’accueillir le pape Léon XIV ! Ce religieux à la foi profonde et enracinée dans la belle tradition augustinienne, ce scientifique féru de mathématiques, ce missionnaire serviteur des pauvres au Pérou, pays dont il a acquis la nationalité, cet évêque appelé par le vote de ses frères cardinaux à gouverner sur la cathèdre de saint Pierre, n’a sûrement pas souhaité cette charge. Être à la tête d’une Église comptant presque 1,5 milliard de membres, avec la mission d’en maintenir l’unité, ne peut se faire que si le Seigneur conduit les affaires à travers l’engagement courageux et lumineux des fidèles laïcs, des religieux et des clercs. Pour cela, l’Église a besoin de la sainteté de chacun et le pape Léon de notre soutien et de nos prières. C’est la sainteté qui rend fécond ce que nous sommes et ce que nous faisons. Cheminer vers la sainteté, dans l’Église, appuyé sur la Parole de Dieu, dans la lumière de l’Esprit, ne peut être une option : c’est un appel de Dieu et c’est là notre dignité.
À l’inverse, quand un baptisé commet un péché grave, c’est un drame pour sa vie spirituelle et humaine, mais c’est aussi un drame pour sa communauté qui perd alors un canal de la grâce devenu inutilisable. L’amour enrichit toute l’Église, mais le péché personnel en dégrade la vigueur et la beauté. Chaque baptisé doit comprendre sa propre responsabilité et y répondre par la sainteté de sa vie. Pour cette raison, Jésus invite celui qui voit son frère en train de pécher à aller le trouver seul à seul pour lui parler ; s’il n’est pas écouté, à retourner le voir accompagné d’un frère ; et si l’autre résiste encore, à le voir avec la communauté (cf. Mt 18, 15-17). D’une part, il s’agit de sauver ce frère de ses égarements, et, d’autre part, de purifier la communauté en ôtant le mal qui peut s’y vivre. Le bien est contagieux, mais ainsi en va-t-il du mal. Ajoutons que Jésus garde toujours l’espérance de notre conversion. C’est pourquoi il demande aux disciples de ne pas arracher l’ivraie du mal, pour éviter d’arracher aussi les épis du bien. L’amour est une grande chose, cependant complexe, et le pape Léon le sait, lui qui a vécu en Amérique parmi les riches et les pauvres. Personne n’a le monopole de l’amour, chacun doit apprendre à aimer. Riches et pauvres peuvent être généreux ou égoïstes. Pour cette raison, l’Esprit nous rapproche pour que nous prions les uns pour les autres, et que nous nous encouragions les uns les autres en vue d’une vie toujours plus évangélique et charitable.
Nous prions maintenant pour le pape Léon, qui séjourne ces jours en France. Prions pour que nos cœurs et nos intelligences se laissent éclairer par ses paroles. Mettons-nous vraiment à l’écoute de ses enseignements, car nul doute que le Saint Esprit prévoit de nous offrir une bonne nourriture spirituelle nécessaire pour croire, aimer et servir. Ainsi vivrons-nous notre vie d’Église dans la ferveur des assemblées joyeuses qui accueilleront le saint Père et pourrons-nous être à notre retour au sein de nos communautés respectives des témoins émerveillés par ces moments formidables.
Notre Père.
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