Message fraternel de notre évêque Mgr Christory :
Ce message est écrit comme une lettre envoyée à des amis. En effet, je suis en face de la grotte de Massabielle à Lourdes, le lieu même des apparitions de Notre-Dame à sainte Bernadette. Le pape Léon y est présent, il a rencontré les évêques de France et nous a exhorté : « Ne vous lassez pas d’annoncer l’Évangile ! ». Il a ensuite présidé la messe en présence de fidèles très nombreux et enthousiastes. Cet après-midi, il rencontre des malades et des personnes en situation de handicap puis des victimes d’abus sexuels. Son voyage en France, commencé vendredi matin, aura attiré une « marée humaine » d’après tous les médias et étonne au-delà des limites de l’Église. Comment ne pas se souvenir des foules nombreuses qui se pressaient pour écouter Jésus au bord du lac de Tibériade ? Quelle soif intérieure cela révèle-t-il ? Car le Pape ne vient ni en héros ni en maître. Il est discret, mais attentif et profondément à l’écoute. Il frappe aussi par son calme et sa bonté, tendant la main avec délicatesse vers les enfants, les personnes âgées ou les malades, pour les bénir et les rejoindre. La joie se lit sur les visages. Car le Saint Père encourage. S’adressant aux jeunes au stade de France il reprenait la parole de saint Paul, « pour moi, vivre c’est le Christ » et leur disait : « merci pour votre courage, vous êtes les saints de France ».
Et nous, vos évêques, nous sommes heureux quand vous nous faites signe, chers fidèles, lors des processions, par vos messages, comme ce policier qui me demandait de bénir sa croix attachée à son cou. Vous êtes des nouvelles pousses ouvertes à la vie spirituelle et impliquées dans des œuvres de compassion. « Vous êtes une nation sainte » disait encore saint Paul. C’est la grâce divine qui agit au cœur de cet événement extraordinaire, organisé magnifiquement, qui suscite un sentiment d’émerveillement. Et chacun reçoit par des canaux mystérieux la grâce nécessaire pour devenir un peu plus encore enfant de Dieu et pierre vivante dans l’Église.
À Paris, notre pape ne cacha pas sa joie d’être place de la Concorde afin de célébrer l’eucharistie et de prier pour que « l’Esprit Saint se répande sur toute la France ». C’est la prière que nous fîmes, nous les évêques et lui, dans l’hémicycle de Lourdes, en chantant « viens Esprit de sainteté, viens Esprit de lumière ». Parfois, comme évêque, même si vous êtes un soutien merveilleux, je me sens si impuissant face au défi de l’évangélisation de ceux et celles qui ignorent tout du Christ, et je vois combien nos moyens sont limités. La venue du Pape est un jaillissement qui infuse en nous une espérance renouvelée. Oui, l’œuvre de Dieu est bien plus efficace que nos plans humains. Alors nous pouvons louer et chanter sa gloire.
Comment rendre grâce à Dieu pour ce dont nous fûmes témoins ? Comment entendre cet appel pressant de l’Esprit à transmettre la merveilleuse nouvelle de l’Évangile aux chercheurs de Dieu ? Le spectacle sur les saints et les saintes de France offert aux jeunes à Saint-Denis était stimulant pour accueillir à nouveau notre vocation à la sainteté qui est si grande et en même temps si simple : rendre notre vie conforme aux paroles du Christ. Mes amis, ensemble, nous allumerons la flamme de l’espérance, nous témoignerons de la foi en Christ, sollicitant souvent l’Esprit Saint pour nous conduire par des chemins nouveaux comme les apôtres, osant partir vers l’inconnu pour être les témoins de Jésus-Christ.
Je vous souhaite de relire avec soin les textes du pape Léon, vous les trouverez sur le site du Vatican. En effet, leur seule écoute n’apporte qu’une connaissance superficielle de ses propos : nous devons lire, relire, travailler ces textes. Nos proches nous demanderont de rendre compte de ce que nous avons vécu.
Le pape nous a confortés dans la foi, nous rappelant que nous « portons en nous un trésor » celui d’être sauvé, dès à présent en tant que bénéficiaire de l’amour divin reçu par les sacrements et la Parole proclamée. Depuis vingt siècles, l’Église transmet à chaque nouvelle génération ce même trésor, en donnant accès à la connaissance des textes bibliques, à la richesse de sa Tradition, à un art de vivre dans le respect de la dignité de toute personne, de sa conception à sa mort naturelle, à une vie fraternelle intergénérationnelle. Cette transmission se fait par les parents vers leurs enfants, puis par les paroissiens vers les nouveaux venus et par les pasteurs qui ont reçu la mission d’enseigner. La mission est multiforme. En son centre, elle consiste à exprimer par notre vie et nos mots comment s’est réalisée la rencontre de Jésus-Christ et comment l’Église apporte son soutien pour vivre de l’Évangile. N’est-il pas urgent de multiplier les propositions comme les parcours Alpha, les écoles de témoins, les fraternités de maison, les catéchèses régulières ? Saint Paul évangélisait « à temps et à contretemps ». Si nous considérons que ce qui est prévu d’avance correspond au « à temps », cherchons à saisir tout « contretemps » pour transmettre la Bonne Nouvelle, enseigner une personne rencontrée, manifester la joie de la foi. À Paris, le pape nous encourageait : « ne gardez pas cette foi en Jésus-Christ pour vous-mêmes, mais laissez-la déborder. »
Dans le diocèse de Chartres, nous ouvrons un espace de prière et de réflexion dans le but de défricher un chemin vers « Chartres 2040 ». Je suis touché par les fidèles qui se retrouvent pour partager leurs intuitions. L’Église de demain sera à construire dans la suite de ce que nous vivons aujourd’hui, ouverte sur une société en forte évolution, accueillant des personnes dont les codes sociaux sont en grande mutation. Face aux technologies de la Tech et aux tentations de puissance qui guettent, comment être les promoteurs d’une fraternité ouverte à chacun ? Quels espaces créer pour s’y retrouver joyeusement, tous différents ? Quel usage faire de nos églises de campagne pour ne pas les abandonner à la ruine et y vivre notre culte ? L’heure n’est ni à la passivité ni à l’attentisme, avec l’idée saugrenue qu’en ne changeant rien, l’avenir serait ouvert devant nous. Notre société en évolution a besoin d’entendre la même révélation exprimée dans un langage accessible. Les interventions du pape Léon n’invitent pas à l’immobilité. Elles nous encouragent à nous lever et à nous mettre en marche pour le Christ.
Aux jeunes du stade de France qui s’interrogent sur la vie consacrée et religieuse ou le sacerdoce, il a dit clairement « En accueillant son Évangile, l’esprit clair et le cœur pur, vous comprendrez comment Jésus vous appelle à servir. Il s’agit toujours d’un don de vie : plein, fidèle, débordant d’amour. Pour vaincre l’angoisse ou l’incertitude, ayez le courage de dire un seul mot, simple et magnifique : merci. Merci, Jésus, pour ton amour. » « Chers amis, n’ayez pas peur de cet appel ! Ayez de l’audace ; ayez confiance en Jésus qui veut faire de vous ses plus proches amis : Il ne vous décevra pas et sera toujours à vos côtés ; votre vie sera merveilleusement belle et féconde. »
La visite du pape Léon donnera un nouvel élan à notre Église de France. Chaque baptisé est un maillon de la chaîne de sainteté de l’Église, et nous y avons notre place. N’ayez pas peur, chers amis, de suivre le Christ. Je vous propose de prier pour le pape Léon XIV, et pour les personnes touchées par sa venue en France. Retenons sa demande expresse de prier la Vierge Marie durant le mois d’octobre, le mois du rosaire : « Priez le saint rosaire pour que cessent les guerres et que la paix s’instaure ».
Notre Père.
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