#406 « Pourquoi la voie de la sainteté est un bel appel ? »

Message fraternel de notre évêque Mgr Christory : Chers amis, nous sommes à la fin du mois d’octobre, le mois du rosaire. Nous vivons le chapelet dans la poche et prions, comme nous y invite le pape Léon XIV afin de demander la fin des guerres. Ce mois a été traversé par le mouvement des lycéens, avec ses manifestations violentes parfois, pacifiques souvent. Nombreux sont ceux qui affirment vouloir étudier : je l’ai constaté dans les lycées catholiques de notre diocèse. Une fois de plus, l’arbre qui tombe fait plus de bruit que la forêt qui pousse. Ceux qui cassent sont filmés et les autres ne font pas de bruit en sachant que leur avenir passe par le courage de travailler avec rigueur et constance. Nous, chrétiens, croyons que Dieu est maître de la Création, mais savons qu’aucun destin ne nous oblige ni ne nous prédestine. Chacun est responsable de son devenir et, de même que les petites rivières font les grands fleuves, notre étude et notre travail quotidien nous préparent à de grandes choses. Ceux qui ne font rien, préférant remettre à demain, ou faisant le choix de casser l’école, se réveilleront demain les yeux hagards et les bras ballants. Je ne vous souhaite pas cela. Aussi, duc in altum : « va au large », dit Jésus à Pierre, le renvoyant pêcher là où l’eau est profonde et lui offrant une magnifique pêche miraculeuse. Nous avons été enthousiasmés par les quatre journées du séjour du pape en France et on me rapporte des vies bouleversées, particulièrement par la veillée au Stade de France. Mais voilà que nous apprenons que le pape Léon souffre d’un cancer du poumon. C’est un choc terrible. Le saint Père a 71 ans, il est sportif, et est pourtant atteint d’une maladie dont le seul nom fait frémir. L’expérience montre que pris à temps, le cancer se soigne, même s’il reste dangereux et que son évolution est en partie liée à la joie et au bon état psychologique de qui est malade. Ne doutons pas que notre pape a en lui des ressources de foi et d’espérance qui lui donneront de porter cette épreuve avec courage et persévérance afin de continuer la mission que l’Esprit Saint lui a donné. Dieu connaît toutes choses : il voit le chemin que le pape fera, comment il continuera à être le témoin de la foi et le guide de l’Église pour les si nombreux catholiques du monde entier. Pour le porter dans la prière, soyons fidèles à notre appel, mettons-nous souvent en prière et faisons monter vers Dieu le Père notre supplication exprimée avec confiance, dans un esprit de louange. Je me rappelle ainsi le livre inspirant de Merlin Carothers intitulé La Puissance de la louange. La louange renverse les murs, comme Jéricho qui s’écroula face aux trompettes du peuple hébreu. La louange écrase l’ennemi qui fuit devant la force des chants et des hymnes de qui loue de tout son cœur. Après octobre vient novembre et, en ce 1er jour du mois, l’Église célèbre ses saints et ses saintes. Qui sont-ils ? Des hommes et des femmes appelés par le Seigneur à vivre dans la lumière de l’amour une vie de don comme l’Évangile de Jésus-Christ le leur propose. Ne pensons pas qu’ils aient été privilégiés puisque souvent leur itinéraire traversa de nombreuses épreuves qu’ils surent affronter avec humilité et abandon en la volonté de Dieu. Les saints ne sont pas toujours aimés par leurs proches : leur témoignage lumineux d’amour contraste trop fortement avec le péché si répandu de leurs voisins. J’ai eu la joie de rencontrer des enfants lors d’ateliers que l’on m’a demandé d’animer dans des classes allant du CP au CM2 sur le thème « tous appelés à la sainteté ». Les enfants ont pu révéler leurs intuitions sur l’amour des hommes et l’amour de Dieu et nous avons listé des verbes concrets afin qu’une vie de sainteté se déploie : aimer, servir, aider, soutenir, accompagner des proches puis aimer, lire la Parole, écouter Dieu. « Fuyez le mal avec horreur, attachez-vous au bien » (Rm 12, 9), dit saint Paul. Le pape Léon a repris cela au Stade de France en disant : « il ne suffit pas d’éviter le mal : il faut choisir le bien ». La sainteté n’est pas obligatoirement visible, car elle peut faire du bien dans une grande discrétion. Sainte Thérèse de Lisieux cherchait ces petits actes d’amour invisibles comme ramasser une aiguille à coudre par amour d’une sœur âgée et la remettre dans la boîte sans le lui dire, juste pour plaire à Jésus. Comment accomplir notre vocation à la sainteté ? Ne sommes-nous pas effarés de constater nos ingratitudes et notre manque de zèle pour avancer, en reportant à demain voire à beaucoup plus loin cet effort pourtant bien discerné et même désiré. « Vous serez saints pour moi, car je suis saint, moi, l’Éternel ; je vous ai séparés des peuples, afin que vous soyez à moi » (Lv 20, 26) et « puisque celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite, selon qu’il est écrit : Vous serez saints, car je suis saint » (1P 1, 15-16). Cet appel est incontournable. On aurait beau rechercher des excuses ou des moyens de contourner la demande divine, nous ne pouvons pas échapper à la radicalité de la vocation à la sainteté. Pourquoi la sainteté est-elle si importante ? Tout d’abord nous sommes créés à l’image et à la ressemblance de Dieu qui est le Saint par excellence. Aussi, nous cultivons cette image ressemblante par notre sainteté. Ensuite parce que là est la source de la joie, la joie partagée entre nous, dans la lumière du Ressuscité, en buvant l’eau vive qui nous tire de la mort. Encore, parce que la sainteté partagée entre nous tous réalise la communion merveilleuse de l’Église, le corps du Christ, afin de pouvoir accueillir de nouvelles âmes et les conduire vers Dieu amour. La sainteté est une voie de salut, qui donne à voir l’infinie bonté de Dieu qui vient chercher une par une ses brebis égarées. Ne doutons pas de notre vocation à la sainteté et des fruits d’amour et de conversion suscités par notre sainteté partagée. Quels seraient cependant les obstacles à la sainteté ? Le premier est assurément le diable qui, avec ses acolytes, veut détruire la joie du salut et le projet divin de communion fraternelle. Puis viennent les tentations mondaines qui nous séduisent, nous plaisent et nous attirent, elles se justifient en nous disant que c’est à notre tour d’être aimés, qu’elles ne font pas de mal mais nous apporteront des sources de détente et de repos après nos journées fatigantes ; la consommation de nourriture et les achats frénétiques d’objets vite encombrants nous distraient du vrai bien et de l’authentique richesse, qui est la sagesse du Saint-Esprit. Dieu a un projet d’amour, il veut nous diviniser, disent les Pères de l’Église, ce qui signifie nous faire entrer dans la vie divine alors que nous ne sommes que créatures. Le diable veut nous éloigner de ce plan, afin qu’isolés, nous lui soyons vulnérables et adhérions à son plan vicieux. Mes amis, levons-nous et mettons-nous en marche. Rappelons encore comment le pape Léon XIV a surpris positivement les 80 000 jeunes du Stade de France en leur révélant leur vocation : « Vous êtes les saints de France ». Dans le diocèse de Chartres, nous promouvons le projet Chartres 2040. Ce bien un projet missionnaire afin que soit annoncé l’Évangile par des communautés de croyants baptisés partageant ce merveilleux appel à devenir saints. N’attendons pas des jours meilleurs, car la sainteté n’attend pas, elle irrigue les terres arides des cœurs humains par son eau vive, et nous devenons les porteurs de cette eau à nos frères et nos sœurs. Je vous propose de prier ensemble, avec tous les consacrés et religieux qui, au cours du jour, vont en leurs chapelles monastiques et font monter une même adoration. Notre-Père.