Message fraternel de notre évêque Mgr Christory :
On se rappelle l’échange entre saint Paul et les Athéniens à l’aréopage autour de la question de la résurrection de Jésus-Christ : elle ne fut pas reçue par eux. Paul partit d’Athènes pour se rendre à Corinthe, grande ville portuaire située à 80 kilomètres, soit trois jours de marche. Il y rencontre un couple, Aquilas et Priscille. Originaire de Rome, ils avaient été expulsés par l’empereur Claude et s’étaient installé à Corinthe où Aquilas travaillait comme artisan en fabriquant des tentes en toile. Ce métier était aussi celui de Paul : il séjourne donc chez eux, et bientôt ils le suivent dans sa mission. Dans la conclusion de son épître aux Romains, Paul évoque la fraternité qui les lie : « Saluez de ma part Prisca et Aquilas, mes compagnons de travail en Jésus Christ, eux qui ont risqué leur tête pour me sauver la vie ; je ne suis d’ailleurs pas seul à leur être reconnaissant, toutes les Églises des nations le sont aussi » (Rm 16,3-4).
Une fois de plus, Paul se rend à la synagogue et il s’adresse à ses frères juifs pour leur montrer que les prophéties sur la venue du Messie se sont accomplies en Jésus-Christ. À nouveau, il subit des refus, le récit parle même d’injures. Paul affirme pourtant clairement qu’il a fait de l’annonce aux grecs non juifs sa priorité : saint Luc rapporte les propos de Paul dans les Actes des apôtres : « Que votre sang soit sur votre tête ! Moi, je n’ai rien à me reprocher. Désormais, j’irai vers les païens » (Act 18,6). L’annonce de la Bonne Nouvelle demande une ouverture à la nouveauté qui aujourd’hui encore se heurte aux idées reçues si difficiles à remettre en question. Paul est pourtant un vrai témoin : il a rencontré Jésus à la porte de Damas et il a souffert physiquement de la violence de ses propres frères qui n’acceptaient pas sa conversion. L’intelligence du récit et la force du témoignage ne peuvent suffire si l’accueil de l’œuvre de l’Esprit Saint ne se fait pas. Heureusement, à chaque étape, quelques personnes s’ouvrent à la prédication de Paul et elles choisiront de suivre Jésus-Christ.
C’est ainsi que l’on découvre « un certain Titius Justus, qui adorait le Dieu unique ; sa maison était tout à côté de la synagogue » (Act 18,7). Le sens de l’hospitalité existe heureusement. Paul d’ailleurs n’avait pas d’autre choix que d’accueillir cette ouverture de cœur. Cependant, un magnifique fruit de cette prédication paulinienne va être la conversion du chef de la synagogue. Cela est rare et mérite d’être mentionné, car on peut aisément comprendre que cet homme, sûrement connu de tous les juifs de la ville, en suivant la voie du Christ, allait se mettre à dos bien des personnes. Paul ne peut pas l’ignorer lui qui a déjà subi tant de coups. L’appel de Dieu est plus fort, aussi il nous est dit que « Crispus, chef de synagogue, crut au Seigneur, avec toute sa maison. Beaucoup de Corinthiens, apprenant cela, devenaient croyants et se faisaient baptiser » (Act 18,8). Son autorité spirituelle attira dans ce même mouvement de conversion d’autres membres de la communauté juive et aussi grecque. La communauté chrétienne de Corinthe devint importante, bien qu’il nous faille en relativiser le nombre de membres. C’est à elle que Paul écrira plus tard deux lettres très importantes, la première étant tout particulièrement riche pour l’Église. On note aussi que les personnes reçoivent, très vite semble-t-il, le baptême. Elles recevaient sans doute un enseignement conséquent, afin d’être prêtes à leur tour pour témoigner et transmettre le message du salut. Sommes-nous disponibles pour nous laisser instruire intensément sur notre foi ? Je souhaite encourager ceux qui lisent ou écoutent ce message à lire et à méditer des livres entiers de la Bible durant l’été. Pourquoi ne pas commencer par un évangile entier ? Puis choisir le livre d’un prophète dans l’Ancien Testament ? Utilisons notre temps à l’essentiel, c’est-à-dire la Parole divine.
Si Paul pouvait craindre une fois de plus des réactions extrêmes des juifs, il fut rassuré par une vision. On se rappelle la vision qu’eut saint Pierre avant d’être appelé à se rendre chez le centurion Corneille (Act 10). Le Seigneur lui parle directement par une voix intérieure et distincte qui dit « Sois sans crainte : parle, ne garde pas le silence. Je suis avec toi, et personne ne s’en prendra à toi pour te maltraiter, car dans cette ville j’ai pour moi un peuple nombreux » (Act 18,9-10). Combien de fois n’est-il pas dit dans la Bible « n’ayez pas peur » ? À notre tour de ne pas craindre, d’oser parler au nom de Jésus. Comment ne pas me rappeler cette soirée au cours de laquelle une jeune femme, qui m’avait invité, eut l’audace de parler de sa foi et de témoigner de l’œuvre joyeuse de l’Esprit dans sa vie ? Sans elle, je n’aurai pas rencontré le Christ et vous ne seriez pas en train de lire ou d’écouter ce message. Nous pouvons être l’envoyé de Dieu pour une personne qui attend, parfois sans même le savoir, notre parole de foi. À chacun le Seigneur dit aujourd’hui « Sois sans crainte : parle, ne garde pas le silence. Je suis avec toi. »
Nous parvenons à la fin du long voyage de Paul et des apôtres sur les rives de la mer Méditerranée. Les Actes des apôtres nous disent que : « Paul y séjourna un an et demi et il leur enseignait la parole de Dieu » (Act 18,11). Un an et demi. Cela peut paraître long. Ceux qui partent en coopération durant une ou deux années dans un pays éloigné savent à leur retour que tout est passé si vite. Paul désire former des anciens, appelés presbyteros, pour être à la tête des communautés. Pour cela il s’appuie sur ses proches collaborateurs, comme Luc, Marc, Barnabé, Timothée, Tite, et aussi sur des personnes que nous nommons aujourd’hui des laïcs, comme ce couple Aquilas et Priscille. La communauté de Corinthe intègre des personnes de tous les états de vie, certains, comme Paul, ont choisi de rester célibataires pour être pleinement témoins de la foi, d’autres ont un conjoint et une famille. C’est une authentique richesse de former des équipes de croyants si divers.
Quel est alors le cœur de la vie de Paul ? Il s’agit pour lui d’enseigner la Parole de Dieu. Il y met son énergie et sa science. Les chrétiens d’origine juive connaissaient les grands récits de la Torah et les textes prophétiques annonçant la venue d’un messie. Mais les chrétiens d’origine païenne, venus à la foi tardivement, ont tout à apprendre pour saisir la cohérence de l’histoire du salut, c’est-à-dire la progression du récit biblique jusqu’à l’avènement de Jésus. À l’époque, on ne possède que peu de textes écrits : quelques exemplaires des livres juifs sont conservés dans les synagogues ; et de rares papyrus retranscrivent les lettres et des parties des évangiles. La Bible telle que nous la connaissons ne sera rassemblée que peu à peu et la liste des livres qu’elle contient ne sera confirmée qu’en l’an 382 par une lettre du pape Damase Ier, puis aux Conciles d’Hippone et de Carthage en 393 et 397. La transmission passe donc par l’apprentissage et la mémorisation : il était alors courant d’apprendre des récits et des textes. Comme il serait heureux qu’il en soit encore ainsi !
Si Paul passe son temps à enseigner la Parole de Dieu, c’est qu’elle est le vecteur essentiel du langage de Dieu. Dieu est vivant et nous parle. Nous pourrions souhaiter recevoir des visions comme Paul. Le phénomène est plutôt rare. Mais l’Écriture Sainte nous permet d’entendre les motions et les messages que l’Esprit Saint désire nous révéler. Pour cela, il est nécessaire de méditer la parole en se réservant des moments privilégiés de silence afin d’être coupés des bruits du monde. C’est tout l’intérêt de notre prière quotidienne.
Nous pouvons prier ensemble maintenant, surtout et encore pour infléchir le vote du Parlement français sur le projet de loi sur la fin de vie, l’euthanasie et le suicide assisté. Beaucoup d’entre vous ont écrit aux parlementaires, ont exprimé leurs opinions sur ce sujet grave et les conséquences d’une loi permissive qui outrepasserait le commandement interdisant de tuer. Si la loi est votée, si le suicide assisté est rendu légal, alors nous entrerons dans une nouvelle culture où la vie ne sera plus sacrée mais relative, où l’on devra bientôt justifier que l’on veut encore vivre, face aux pressions notamment financières. Nous prions parce que nous croyons que la raison peut changer le cœur des votants.
Notre Père
Contact
Pour nous joindre, n’hésitez pas à :
venir au presbytère lors d’une permanence d’accueil, nous nous ferons une joie de vous accueillir,
nous appeler au 02 37 33 03 19,
nous laisser un message via le formulaire de contact suivant !
Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur notre site web. Si vous continuez à utiliser ce site, nous supposerons que vous en êtes satisfait.